Vous vous souvenez sûrement de ma liste des « dix choses que j'attendais avec impatience », laquelle comprenait le match d'impro d'Éric, « mercredi prochain », ou plutôt, mercredi dernier. À dix-sept heures ce jour-là, je suis partie de chez moi, la veste à capuche de mon frère sur le dos. Smiling. J'ai marché durant une heure avant de parvenir à Rivière-du-Loup, écoutant d'abord du Neuroticfish, puis du Nine Inch Nails. (Le dossier de NIN sur mon lecteur MP3 est beaucoup moins rempli qu'avant que je ne le reconstitue, mais c'est tout de même très bien. Depuis que j'ai découvert le dieu Trent, comme le dit si bien Lalie, je ne saurais m'en passer.)
Arrivée à Rivière-du-Loup, vers dix-huit heures, j'ai donc découvert que la rue par laquelle on accède au quartier commercial était bloquée par des travaux et qu'un détour se faisait par la rue Fraser, une rue parallèle. Comme je n'étais jamais allée à Rivière-du-Loup seule (et encore, les autres fois ne m'avaient jamais permis de me faire une idée assez définie de la ville) et que je devais retrouver Éric devant le cégep quarante-cinq minutes plus tard, j'avais peur de me perdre, d'autant plus que la ville prenait une allure floue une fois la nuit tombée, mais le détour ne m'a pas fait arriver en retard, ou alors seulement de quelques minutes, après avoir demandé mon chemin à une dame très gentille et en écoutant Vessel pour la première fois. (Je ne sais d'ailleurs pas comment j'ai pu passer outre tout ce temps.)
Comme je portais la veste de mon frère et que je m'étais attaché les cheveux pour ne pas que le vent les emmêle, comme il faisait nuit et comme Éric lui-même portait des vêtements très amples, impro oblige, nous avons eu un peu de mal à nous reconnaître. C'était presque drôle. Il m'a montré le chemin, nous avons un peu parlé, puis il est allé rejoindre son équipe. Le cégep comprenant les Résidences des étudiants, je suis alors allée appeler Johanne, comme nous en avions elle et moi convenu. Elle m'a rejointe au rez-de-chaussée, nous avons pris l'ascenseur et elle m'a montré sa chambre (que j'ai trouvée très bien, surtout pour une chambre d'étudiante). Nous avons parlé durant une heure. C'était si bien, comme avant, lorsque nous étions toujours ensemble, à l'école secondaire... Elle-même m'a plus tard écrit pour me dire qu'elle trouvait que je n'avais pas changé, ce qui m'a fait plaisir.
À vingt heures, je suis redescendue, car le match d'impro allait bientôt commencer. Au départ, j'étais mal à l'aise, parce que tous ceux qui m'environnaient étaient venus entre amis, tout le monde parlait et riait et était bien habillé comparé à moi (avec mes cheveux attachés et la veste à capuche trop ample de mon frère). Je me souviens d'une jeune Asiatique, à quelques bancs devant moi, qui était aussi venue seule et qui ne semblait pas très à l'aise non plus. J'ai concentré mon attention sur elle quelques instants (parce que ça fait toujours du bien de constater qu'on n'est pas seule à être seule quelque part!) puis le match proprement dit a commencé.
Je n'avais jamais assisté à un match d'impro auparavant, et j'ai trouvé ça très drôle. La plupart des sketches (enfin, des improvisations) étaient bien amenés, bien joués, et tout et tout. Les membres de l'équipe d'Éric eux-mêmes étaient plutôt sympathiques, bien que celui-ci n'ait pas fait beaucoup d'improvisations, et j'ai voté pour eux jusqu'à la fin (ils ont d'ailleurs fini par gagner, avec un point de différence).
Durant l'entracte, j'ai rencontré un ami d'Éric, avec qui je parlais sur MSN depuis plusieurs mois (depuis la mi-mars, pour être plus précise, car je m'en souviens très clairement). Je l'ai trouvé si sympathique, si gentil et si drôle que cela m'a surprise. J'aimais beaucoup lui parler sur MSN, mais IRL, c'était encore mieux.
Après le match, nous sommes allés marcher dans la ville, Éric, son ami et moi. Au parc Lafontaine, Dominic (car c'est son nom) nous a montré toutes les photos (au moins 800!) de son appareil photo en commentant sur chacune. Et c'étaient pour la plupart des photographies de paysages, de plantes ou d'animaux. Un moment passionnant.
Vers minuit, nous sommes retournés chez Éric, car celui-ci avait un travail à faire pour son cours de géographie (à remettre le lendemain, en fait), et Dominic avait proposé de l'aider, ce qu'il ne fit finalement pas, car à trois heures du matin, après avoir critiqué les films gore tels que la série Saw avec véhémence, il était trop fatigué. Dominic est quelqu'un d'admirablement pacifique.
Éric a donc amorcé son travail de géographie seul, car à quatre heures du matin, je suis allée me coucher. J'avais mal partout (manque de sommeil, marche de deux heures) et je me suis dit, en fermant les yeux, que je ne pourrais jamais m'endormir. Une seconde plus tard, je rouvrais les yeux, il était huit heures et Éric me réveillait en entrant dans la chambre. (Le pauvre n'avait pas dormi de la nuit! Ah, la vie d'étudiant...) Cinquante minutes plus tard, je le quittais au cégep pour aller me perdre dans la ville. Littéralement, puisqu'après une demi-heure, je ne savais plus du tout ou je me trouvais. Il pleuvait et je portais les mêmes chaussures en toile que la veille. Bonjour les ampoules. Vers dix heures trente, j'ai retrouvé la rue Fraser et avec elle le quartier commercial. J'ai exploré quelques boutiques, histoire de passer le temps, puis, crevée, je suis allée au restaurant vers midi et y suis restée durant deux heures trente, lisant mon roman du moment, la Chair disparue de Jean-Jacques Pelletier (que je ne considère même pas encore comme bon, mais attention, c'est peut-être un nouveau City Of Ice, roman de John Farrow que je n'avais trouvé bon qu'en le refermant), jusqu'à l'arrivée de mes parents. Après quelques heures de shopping effréné, nous sommes rentrés en taxi.
Home sweet home.