La fatigue, c'est ne plus savoir conjuguer le passé simple. Je lis: "Karen tira sur sa cigarette" et je ne pourrais dire si c'est correct ou pas. Je me pose quand même beaucoup de questions... Lire des gens intelligents, ça fait du bien. Il y a deux sortes, plutôt trois, de gens intelligents sur Skyrock. Il y a ceux qui écrivent de longs textes sensés à propos d'eux-mêmes ou des autres, il y a ceux qui écrivent des textes un peu fous mais qu'on comprend tout de même à propos de sujets souvent non définis, et enfin il y a ceux qu'on dirait vraiment très doués parce qu'ils écrivent n'importe quoi mais que c'est superbe. Je réalise que je me suis mal exprimée, je ne voulais pas dire gens intelligents mais peut-être, plutôt, intéressants. Ceux qui, je trouve, utilisent bien leur blogue. La fatigue, c'est ressembler à Jack quand il pose pour cette photo. Je blâme l'automne et mon dés½uvrement présent, mais je me sens vraiment très bizarre ces temps-ci. Je me demande comment serait ma vie si je n'avais pas de blogues. Je me donne l'impression de vivre pour Skyrock. C'est déplaisant: je m'en veux de ne pas avoir d'occupation parce que je n'ai rien à dire, ici ni ailleurs. D'accord pour aimer l'écriture, mais de là à vivre à travers mes articles... Là encore, que puis-je faire d'autre? Prendre quinze marches par jour est une option - sarcastiquement parlant bien sûr. La plupart de mes amis ont un blogue, je perdrais totalement contact avec eux si Skyrock n'était pas (et Facebook et Ebuddy et Hotmail...). Et c'est comme toute chose, lorsque les autres écrivent, postent cinq fois par jour, je trouve cela admirable, et j'aime les lire après tout. Je ne sais pas. J'ai également l'impression d'avoir oublié comment on écrit un article, surtout quand on n'a rien à dire. Cela vous surprendra sans doute d'apprendre que si j'avais pu choisir, il n'y aurait eu ni Skyrock, ni Internet, ni télévision, ni lecteur MP3, ni musique, ni écriture dans ma vie. Ce sont des choses que j'adore (je les ai citées en ordre à peu près croissant d'importance dans ma vie), mais elles n'ont rien à voir avec la vie idéale que je m'imagine. Ce n'est d'ailleurs pas quelque chose dont j'avais prévu vous parler un jour, et même pas du tout, mais qu'à cela ne tienne, il me semble que le moment est venu de vous apprendre que j'aurais voulu une vie simple. Je vous arrête tout de suite, je ne parle pas d'une vie sans ennuis, je n'ai pas envie de discuter avec vous quant à savoir si c'est possible ou pas, mais ce dont je parle, c'est d'une vie... oui, simple. J'aurais aimé vivre à la campagne depuis ma naissance, dans une autre époque peut-être. J'ai toujours été fascinée par le 19e siècle. Je ne sais pas ce que j'aurais aimé connaître et ce dont j'aurais préféré ignorer l'existence au juste. Après l'informatique, le cinéma, la musique et le littérature, il me semble parfois que les médicaments, l'instruction, les voitures, les boutiques, les banques, ce que j'aime présentement, tout cela, beaucoup de choses en tout cas, est vraiment inutile. Inutile est le mot du jour, depuis quelque temps d'ailleurs. Je ne sais pas, je ne sais plus, ai-je déjà su? Oui, c'est inutile. Ça me fâche, même présentement. Je continue à imaginer des histoires, et si j'avais accès au contenu du disque dur de mon défunt ThinkPad, sans doute continuerais-je à les écrire, mais même cela ne compte pas tant que cela. Quant à mes études, autant vous l'avouer tout de suite, elles n'ont pas grande importance pour moi. L'an prochain non plus. Si je m'inscris cet hiver à Ste-Foy, ce sera parce que rien n'aura entravé cette idée. J'aimerais pourtant qu'elle fût entravée. J'adore les études, j'adore les langues et Québec. Mais ça ne me semble pas important. Si j'y vais, ce sera parce qu'on ne peut pas prendre deux années sabbatiques et que ma situation là-bas sera indubitablement meilleure qu'ici. Si j'y vais, ce sera parce que tout le monde le fait. Parmi ceux que je connais, ce sont ceux qui voulaient le plus faire des études supérieures qui trouvent cela inutile, et ceux qui avaient le plus peur de quitter leur milieu et ceux qui savaient le moins ce qu'ils voulaient faire qui trouvent cela passionnant. À moins que je ne sois comme ceux qui ne désiraient ni partir ni rester et qui ne trouvent rien là-bas non plus, ce ne sera peut-être pas si mal, encore que ce ne soit pas pourquoi je n'ai envie de rien de ce côté-là. Est-ce que l'important est de s'amuser? Parce que si c'est cela, j'irai étudier, je continuerai à écouter de la musique, à écrire ici et dans ma tête. Si ce qui compte est de poursuivre un but, alors ce sera la même chose. Le fait que je n'aie pas de but présentement me donne presque l'impression que c'est cela l'important. L'important, c'est de trouver certaines choses importantes... Est-ce que l'important, c'est soi? Est-ce qu'il faut faire le plus d'exercice physique possible et bien s'alimenter? Ce n'est pas quelque chose qui peut m'occuper continuellement. De toute façon, ce n'est pas un emploi, ce n'est pas une vie. La réponse, me direz-vous, c'est de tout conjuguer. Être en santé, s'instruire, s'amuser, travailler parce qu'un peu de stress est bon pour le moral, et plus que tout trouver l'amour... Encore autre chose. C'est quelque chose qui m'importe très peu présentement. Éric, Johanne, Katucya, Djoua, Kim, Gabrielle, Lalie, Alexandre, Jimmy, Monika, Suzie, Carolane, tous ceux que je connais, même ceux dont je ne cite pas le nom parce que je ne les connais que comme les amis de mes amis et même ceux que je cite même si notre relation est au point mort, je vous aime, vous êtes si importants pour moi, si spéciaux, je veux votre bien, malgré vos défauts et avec vos défauts, je vous aime tous si profondément, vous le savez, l'avez toujours su, à moins que ce soit moi qui l'aie toujours su. Les gens que je n'aime pas sont oh! si rares. Je compte sur les doigts d'une main ceux qui me déplaisent vraiment. Et vous ne faites pas partie de cette catégorie. Toujours est-il que je vous adore. Mais l'idée même d'amour, je ne la sens pas. Ce n'est pas un but. Je ne suis pas de celles qui espèrent la complétion dans le mariage et ne peuvent vivre une seconde si elle n'est pas passée avec lui. Et les messages stupides que je lis partout, "Cessons de chercher l'amour le jour venu c'est lui qui nous trouvera"... Est-ce que j'en suis vraiment réduite à blâmer "la société" pour ma mauvaise humeur? Je me relis et je vois que mon écriture n'est vraiment pas la bonne pour ce genre d'exercice de décortication. Je ne dirai pas j'en ai assez, je ne dirai pas tout ça m'emmerde, parce que je ne sais pas de quoi je pourrais avoir assez et que je sais encore moins ce qu'est ce "ça" qui m'emmerde. L'hiver commence à peine et me voilà déjà dans cet état. Cet article ne m'amuse pas. Et si je suis de retour ici un autre jour, c'est que j'aurai de nouveau l'impression que ce n'est pas si inutile que cela.
P.-S.: Please forgive me for posting
such a spelling mistakes riddled picture.
It's horrible, I know.